Axe IV – Extrémismes, radicalismes et insécurités

Le quatrième axe, Insurrections islamistes et défis sécuritaires au Sahel, contextualisera historiquement les extrémismes violents et les radicalismes religieux à l’œuvre dans cette région du continent. Depuis le début des années 2000, le Sahel apparaît dans les médias comme une partie du monde criblée de conflits et de famine, et une zone peuplée d’hommes enturbannés. Ce type de discours s’est davantage intensifié au tournant des années 2010, avec la prolifération des mouvements terroristes d’inspiration islamique tels que Boko Haram, Ansar Dine, et AQMI. Depuis lors, les médias ont eu tendance à décrire les violences associées à ces mouvements de deux manières souvent contradictoires : premièrement, comme l’expression d’anciennes tendances à la guerre « tribale » dans une partie reculée du monde, et deuxièmement, en tant que franchise régionale du djihadisme international inspiré par des mouvements non africains tels qu’Al-Qaïda ou l’État Islamique. Ces deux points de vue simplistes sont non seulement inexacts; ils sont aussi réducteurs car ils masquent le degré de résilience des Sahéliens, et effacent les causes complexes des crises contemporaines qui sévissent dans cette région.

Plutôt que de suivre le modèle superficiel dérivé́ de la pensée de la “guerre contre le terrorisme,” cet axe adopte une approche de longue durée pour, d’une part, permettre de situer historiquement ces radicalismes religieux à l’œuvre au sahel africain, et d’autre part, mettre en lumière la capacité de résilience des populations, en particulier les femmes, face aux crises sécuritaires, environnementales et humanitaires dont elles font face. De ce fait, nous encourageons la production des travaux centrés autour des récits biographiques afin de mettre en évidence la remarquable circulation des pratiques culturelles et religieuses entre le monde « arabo-berbère » et le monde « noir ». Cela contribuerait à contredire la conception traditionnelle du Sahara comme frontière séparant le Maghreb et le Sahel.

D’autres questions comme la nature des réponses apportées par les États du Sahel pour contrer la menace terroriste ainsi que les stratégies préventives mises en place par les populations elles-mêmes sont au cœur de cet axe. Les travaux qui s’y inscrivent analysent en outre la trilogie poursuite-réhabilitation-réintégration des ex-combattants afin de questionner la problématique du pardon accordé aux ex-combattants ou à des personnes soupçonnées d’avoir été en contact avec les mouvements djihadistes en vue de leur réintégration dans la société. Ils examinent enfin la portée et les limites du programme du DDR (démobilisation, désarmement et réintégration) mis en œuvre par les différents États.

Responsable

Pedro Monaville, McGill

Membres

Adib Bencherif, Université Sherbrooke

Alession Iocchi, University Orientale in Naples 

Baz S. Lecocq, Humboldt University, Berlin

François Wassouni, Université de Maroua

Melchisedek Chétima, UQAM

Mohamed Bashir Salau, University of Mississippi

Scott MacEachern, Duke Kunshan University

Seidik Abba, Agence panafricaine d’information

Soukouna Sadio, UQAM

Celestin Delanga, Institute for Security Studies